On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. L’internet non plus.

En Tunisie et en Egypte, le pouvoir a tout essayé pendant la révolte, y compris la coupure d’Internet, pour empêcher les populations de communiquer. La Libye, actuellement dans la tourmente, s’essaye aussi à cette pratique brutale après s’être limitée à une stricte censure des réseaux sociaux, jugée probablement inefficace.

Par Alain Just Coly

 

08_09_Egypt-protests1

A l’expérience, les coupures d’Internet ont rarement l’efficacité radicale escomptée. Il faut bien reconnaître que l’internet et ses applications sont arrivés à un niveau de dissémination mondiale tel qu’il est aujourd’hui très difficile, pour ne pas dire impossible, de rendre totalement indisponible ce réseau car, dans le même temps, les internautes ne restent pas les bras croisés lorsqu’on veut leur ôter cette « arme ».

Cannettes de bière et fils électriques…

 Selon la revue The Economist, c’est par un bricolage sophistiqué que les spécialistes du piratage arrivent à se jouer des coupures d’Internet, en utilisant parfois les choses les plus inattendues telles des canettes de bière, avec du fil électrique et quelques autres bricoles. Les recettes miracles pour contourner l’absence ou la rareté de l’internet en Libye ont été diffusées dans d’autres pays où le réseau était accessible, comme en Syrie, au Maghreb, au Yémen, etc. Ces recettes montrent comment rendre possibles, par exemple, des liaisons voix et données à bas débit et à courte distance (5 à 12 km). Ces bricolages permettent aux activistes d’être en relation via leurs ordinateurs, même si l’efficacité s’en trouve réduite.
Une autre voie de contournement, indique The Economist, c’est l’utilisation des satellites. Quand on sait comment s’y prendre, il est possible d’utiliser les satellites ou des liaisons terrestres en ondes courtes pour disposer, à partir d’une simple clé USB, d’un point d’accès WiFi.

Diffuser en direct des vidéos
Autre application dont se sont servis les internautes, le logiciel suédois gratuit pour téléphone mobile Bambuser, « Live from your mobile ». Cette application a joué, notamment en Egypte où elle compte plus de dix mille utilisateurs, un rôle non négligeable dans la diffusion des images des révolutions arabes. Grâce à Bambuser, on peut diffuser en direct des vidéos filmées avec un téléphone portable. Les images apparaissent en temps réel sur le compte Facebook du diffuseur, visible par la communauté internaute. Ce n’est pas un hasard si Bambuser a été le premier service Internet bloqué en Egypte au cours de la période chaude, bien avant la coupure de l’internet par le pouvoir. Aujourd’hui, renseigne l’émission « Accents d’Europe » de Radio France Internationale, la coopération internationale suédoise veut débloquer 15 millions d’euros pour aider les développeurs à mettre au point une technologie capable d’empêcher à l’avenir le blocage intempestif de Bambuser, comme cela s’est produit en Egypte.

Pas de « centre »
La philosophie qui a prévalu à la conception et à la création de ce qui allait devenir l’internet voulait que le réseau à mettre en place n’ait pas de « centre » et qu’il puisse fonctionner malgré les pannes, les attaques malveillantes, les intempéries, etc., en temps de guerre comme en temps de paix. Ce qui se passe actuellement montre que le réseau mondial, grâce à des solutions alternatives, survit aux tentatives des Etats de l’arrêter radicalement. « On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras », dit le dicton. L’internet non plus. Malgré les coupures brutales, les internautes arrivent à établir des connexions.

Articles reliés

Madagascar: Le Ministre s’entête avec son projet de passerelle unique
La 4G arrive avec la LTE
Opérateurs : un pas de plus vers la mutualisation
Etisalat Nigeria renouvelle son contrat de services gérés avec Alcatel-Lucent
Nokia veut des applications mobiles en phase avec les réalités africaines
Cameroun: Eto'o Télécom n'est pas un opérateur (classique) mais un opérateur virtuel
Vimpelcom met en vente ses filiales africaines

Avis de Pré-qualification GABON

Le Projet d’Infrastructure de Communications pour Madagascar (PICOM) va incessamment  lancer un Avis d’Appel d’Offres International pour :
« Le recrutement d’une Tower Company pour des Travaux d’Installation et d’Exploitation des Infrastructures Passives de Télécommunications dans les zones 1A (entre Mahajanga et Morondava) et 2 (entre Morondava et Toliara) situées à Madagascar »
Avis de Pré-qualification GABON PROJET CENTRAL AFRICAN BACKBONE TRAVAUX DE CONSTRUCTION DE LA PHASE 1 DU BACKBONE NATIONAL

lire la suite