Togo : un marché des télécommunications qui devrait s’ouvrir

En 2009, l’Agence de régulation avait annoncé l’octroi d’une nouvelle licence d’exploitation mobile. Cette annonce est restée sans suite depuis.
L’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement togolais en matière d’économie numérique passe sans doute par une meilleure vulgarisation de l’utilisation des TIC, et par l’accroissement de la concurrence dans le secteur afin d’attirer les investissements. Selon les autorités du pays, « c’est l’expression de nouveaux axes prioritaires pour le développement des TIC au Togo ». En outre, pour se conformer au droit communautaire (Uemoa et Cédéao), le projet de loi sur les communications électroniques vient ainsi abroger et remplacer la loi du 11 février 1998 sur les télécommunications. Ce projet vise à créer un cadre juridique régissant le secteur des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication. Ainsi, à la place de l’Autorité de réglementation des secteurs des postes et des télécommunications (ART&P), un décret déterminera prochainement le nouveau nom de l’autorité de régulation du secteur des communications électroniques.
Une concurrence encore très limitée
Les chantiers de modernisation du secteur des télécommunications togolais ont été entamés à partir de 1996 avec la déclaration de politique sectorielle, qui retrace les grands axes du développement des secteurs, et surtout avec l’introduction d’un régulateur indépendant.
Au même moment, on assiste à la scission de l’OPTT en deux sociétés d’Etat : la Société des télécommunications du Togo (Togo Telecom) et la Société des postes du Togo (SPT).
Mais, véritablement, c’est en 1998 que le secteur des TIC a connu ses premiers bouleversements, avec la promulgation de la loi sur les télécommunications consacrant la création de l’organe de régulation et l’ouverture du secteur à la concurrence. A l’époque, s’il existait un monopole de fait sur les communications filaires, il en était autrement pour le secteur mobile, où Togo Telecom était timidement concurrencé par Telecel, devenu Moov.
Selon les informations fournies par l’Agence de régulation, le secteur des services de transmission de données (Internet) était caractérisé par la présence de trois fournisseurs d’accès : Café Informatique, Togo Telecom et Process. On note également la présence d’une centaine de fournisseurs de services et près de 30 000 cabines privées. Sur le marché du téléphone, les conditions d’une concurrence réelle et saine ne sont pas encore réunies, malgré la présence d’une Agence de régulation.
Mobile : situation de duopole persistante
Selon une information rendue publique dans le cadre de la préparation du Document stratégique de la réduction de la pauvretés, en 2007, le nombre de lignes d’abonnés était d’environ 100 000 lignes, soit une télédensité de 1,86%. Le réseau couvre toutes les villes, chefs-lieux de préfectures et sous-préfectures et plus de 122 villages d’au moins 3000 habitants. Pour le secteur mobile, le marché est partagé et caractérisé par un duopole mettant en concurrence Togocel (filiale de Togo Telecom), qui détient 73% de part de marché et Moov (groupe Etisalat – Emirats arabes unis), qui détient les 27% restants. Une situation qui favorise une entente tacite, sinon illicite, sur la détermination des tarifs.
Selon l’ARTP, sur la période 2000-2009 le secteur de la téléphonie mobile au Togo aurait généré un chiffre d’affaires global de 77,5 milliards de francs CFA. En 2009, l’Agence de régulation avait annoncé l’octroi d’une nouvelle licence d’exploitation mobile. Cette annonce est restée sans suite depuis. La redynamisation du secteur passe par une concurrence plus ouverte donnant accès à des opérateurs entrants et à de nouveaux segments du marché, comme l’international, encore resté sous l’escarcelle de l’opérateur historique.











