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N°53 Avril 2012

RTNTV

Le Congo compte sur sa diaspora pour développer son économie numérique

Près d’un millier de Congolais de la diaspora se sont réunis le 28 mai dernier au Palais des Congrès de Paris sur le thème « Economie numérique ou l’économie de l’internet et des télécommunications au Congo ». Une opportunité pour les organisateurs de sensibiliser la diaspora sur les opportunités d’affaires que représente le projet numérique congolais.

 

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Thierry Moungalla le ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de la communication de la république du Congo (au centre) et Shiletsi Makhofane, responsable du marketing et des relations avec les gouvernements et les industries pour Ericsson Afrique subsaharienne (à droite).

Organisé par Synergies & Développement de l’Afrique (SDA), une association africaine qui promeut la croissance socioéconomique et culturelle des pays du continent, le forum a été en grande partie soutenu par l’ARPCE (Agence de régulation des postes et des communications électroniques) et les trois opérateurs de télécommunications que compte le pays, ainsi que par plusieurs acteurs évoluant dans le secteur IT. Des thèmes liés à l’emploi, à la formation, à l’insertion des Congolais de la diaspora ont été largement débattus durant cette journée. Les organisateurs ont voulu faire passer un message de rupture sur des idées reçues. Il existe, bel et bien, en Afrique des plateformes capables d’accueillir les meilleures compétences. Le Congo s’ouvre aux mutations des TIC, et un accompagnement s’impose aux acteurs de ce secteur pour harmoniser l’offre et la demande en matière de services.



Des réponses structurantes
Toutefois, un travail de fond doit être fait pour que le secteur numérique soit un véritable facteur de croissance et de développement pour le pays.
« Le Congo doit se tenir prêt pour rentrer de plain-pied dans l’économie numérique, qui détermine les principaux structurants en cours », estime pour sa part Luc Missidimbazi, directeur des marchés du très haut débit à l’ARPCE. Il convient d’apporter aux Congolais des réponses structurantes, avec notamment la mise en place des trois grands projets numériques du pays, à savoir le projet WACS, qui concerne le déploiement de la fibre optique, le projet CAB (African Central Backbone) et le PCN (Projet de couverture nationale). « Derrière chacun de ces projets, il existe des quantités importantes d’opportunités à saisir, aussi bien pour les entreprises que pour les personnes physiques à la recherche d’emplois », explique Yves Castanou, directeur de l’ARPCE. « Mon souhait est de faire du Congo un pays de référence en matière de TIC dans les cinq prochaines années. » La diffusion des outils et des usages numériques, qui caractérisent l’économie de la connaissance, concerne de plus en plus les pays émergents, et plus particulièrement ceux à fort taux de croissance dont l’économie reste étroitement liée à leurs échanges avec les pays développés. Le développement des outils numériques tend à devenir une nécessité pour assurer non seulement la continuité des échanges économiques, mais aussi leur développement.

Identifier les compétences
Compte tenu de l’avancement de tous ces projets nationaux, il était utile d’identifier et de réunir des compétences transversales en faisant appel à la diaspora, pour qu’ils apportent leur contribution à l’effort de reconstruction du pays. Les entreprises congolaises ont du mal à trouver des ressources sur le plan local pour faire face à la demande des entreprises. y
« Les ateliers ont été à la hauteur de nos attentes, même si l’on n’a pas réussi à aller dans le fond des débats compte tenu du timing. Globalement, nous espérons avoir réussi à faire passer le message aux Congolais de la diaspora que les besoins sont réels et qu’ils sont loin d’être comblés », explique Jean-Serge Ngouma, PDG de PISAC (PI Services Afrique Centrale), une SSII congolaise qui emploie une soixantaine d’ingénieurs, de chefs de projets, de consultants. Visiblement satisfait de l’organisation, Jean-Serge Ngouma reconnaît toutefois que le gap entre l’offre et la demande en matière de compétences est un phénomène mondial. « Même les pays industrialisés sont confrontés à ce genre de problèmes. La France doit combler un gap de plus de 250 000 informaticiens malgré la qualité de ses infrastructures et le niveau des formations qu’elle dispense », explique t-il.
Mais les besoins ne sont pas que d’ordre technique, car le numérique a envahi tous les secteurs, et plus particulièrement le monde économique, dont la communication par Internet devient l’instrument incontournable en matière de conception, de production et de promotion des produits et des services. Dans ce contexte, le Congo pourrait avoir une carte à jouer sur l’hébergement des datacenters, le développement des téléservices, etc.

Ericsson : « Nous voyons un grand potentiel au Congo »

Le Ministère des postes et des télécommunications de la République du Congo et l’équipementier télécoms Ericsson ont signé un protocole d’accord devant orienter le développement des infrastructures TIC du pays à l’occasion d’un atelier organisé à Brazzaville à la mi-juin, selon un communiqué transmis à notre rédaction.
D’après ce protocole d’accord, « Ericsson et le ministère œuvreront en collaboration au développement d’un cadre d’initiatives TIC destinées à améliorer la connectivité rurale et à moderniser les infrastructures du réseau de télécommunications dans le pays ». Cité par le communiqué, Shiletsi Makhofane, responsable du marketing et des relations avec les gouvernements et les industries pour Ericsson Afrique subsaharienne, déclare qu’« Ericsson est engagé à soutenir le gouvernement de la République du Congo dans son ambition de devenir un hub numérique pour l’Afrique centrale grâce aux technologies de communication avancées. Nous voyons un grand potentiel dans ce pays et nous explorons diverses possibilités où la technologie pourrait servir de catalyseur à une croissance et un développement socioéconomiques durables, ici. »
Cette politique rentre dans la stratégie d’Ericsson qui « plaide mondialement en faveur du pouvoir transformateur de la technologie de l’information et des communications (TIC) d’éperonner le développement socioéconomique et de relever un certain nombre de défis en matière d’énergie et d’environnement ».
Pour sa part, Thierry Moungalla le ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de la communication de la République du Congo précise : « Le gouvernement congolais a créé les conditions institutionnelles, juridiques et financières optimales en vue d’assurer un environnement favorable à l’installation d’operateurs sérieux, susceptibles de tirer notre pays vers le haut. Nous nous devons d’encourager le développement de l’e-business, grâce à l’émergence d’entreprises innovantes, en mesure de proposer au public des services de haute valeur ajoutée et de diffuser des contenus de qualité. »
Arrivées à maturité, les  technologies de l’information et les télécommunications sont rentrées pleinement dans une phase de convergence, transformant ainsi tous les domaines des affaires et de la société. « Avec la fusion de ces facteurs, de nouvelles opportunités de création, d’apprentissage, de viabilité et d’abondance abonderont dans ce que nous envisageons être l’ère nouvelle de la société réseautée », explique le communiqué.

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