Marc Rennard, Directeur Exécutif International de France Télécom-Orange en charge de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie “Nous croyons au modèle de mutualisation des infrastructures”
Le technocentre d’Abidjan, nouvellement inauguré, intègre le réseau des 10 Orange Labs. Un centre de recherches et développement de référence qui couvre l’Afrique de l’Ouest. Marc Rennard revient sur le modèle économique et sur le modèle de partage des infrastructures.

Marc Rennard, Directeur Exécutif International de France Télécom-Orange
Réseau Télécom Network: Pourquoi avoir choisi la Côte d’Ivoire pour abriter le technocentre d’Orange en Afrique ?
Marc Rennard: Nous avons choisi Abidjan parce que nous sommes fortement présents en Afrique de l’Ouest, et la Côte d’Ivoire reste un des poumons de l’Afrique de l’Ouest parce que c’est un pays structuré dans lequel on a un certain nombre de compétences qui existe. Nous sommes leaders, nous sommes l’opérateur n°1 dans ce pays. Nous estimons que c’est un pays à partir duquel on peut rayonner au niveau de la région.
RTN: Quel sera le modèle de gestion ? Depuis Paris ou géré d’Abidjan ?
MR: Le Technocentre fera partie du réseau des dix Orange Labs que nous avons dans le monde. Il y aura une forte coopération avec Orange et Côte d’Ivoire Telecom qui hébergeront, dans un premier temps, les bureaux moyennant des prestations de services. Il s’agit de services à forte valeur ajoutée managés par notre réseau mondial. La vocation de ce centre couvre bien entendu la Côte d’ivoire mais aussi l’ensemble des pays africains et en particulier ceux de la sous-région.
RTN: Que vous inspire le modèle de mutualisation des coûts et des infrastructures de certains opérateurs concurrents ?
MR: Je crois beaucoup au modèle de mutualisation des infrastructures entre opérateurs. En revanche, je ne crois pas nécessairement que des modèles de valables en Inde soient transposables en Afrique. À Orange, on veut conserver de l’emploi et participer au développement économique dans les pays où nous sommes. Externaliser ou concentrer dans un seul pays au monde l’ensemble de nos infrastructures, est contraire à notre politique. Nous avons un modèle décentralisé qui fonctionne bien. Mais cela n’empêche que nous souhaitons ardemment harmoniser, mutualiser pour partager nos coûts, partager les sites et partager des plateformes. Nous pouvons, par exemple, partager des plateformes entre nos propres filiales en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Mali ou encore au Niger. Nous croyons à la mutualisation, nous croyons au partage des infrastructures mais nous ne voulons pas délocaliser l’ensemble de notre activité, nous pensons que ce n’est pas un modèle citoyen responsable.
RTN: Mais, dans le même temps, cela participe à la diminution du CAPEX et à conforter la marge bénéficiaire ?
MR: Oui, bien sûr, mais nous pouvons par exemple partager des plateformes entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Les deux plateformes qui sont au Sénégal d’autres sont en Côte d’Ivoire. Nous pouvons avec nos concurrents en Côte d’Ivoire partager des sites, ça, nous sommes tout à fait pour, parce que c’est nécessaire pour réduire les coûts des infrastructures. Partager les câbles sousmarins, partager les réseaux terrestres, ça, il n’y a aucun souci nous voulons le faire. En revanche, nous ne voulons pas externaliser demain 500 personnes de Côte d’Ivoire pour dire que nous allons faire cette activité de maintenance de réseaux en Inde ou au Kenya.











